L’énergie nucléaire en Afrique – Au delà du réacteur, les conditions de la souveraineté

Introduction
  • L’Afrique abrite près de 20 % des réserves mondiales d’uranium¹ mais ne pèse que pour 3 % de la consommation électrique mondiale². Près de 600 millions d’Africains restent privés d’accès à l’électricité², tandis que le minerai nigérien alimentait jusqu’en 2023 un parc français qui couvre aujourd’hui 67 % de la production électrique nationale³.

  • Cette asymétrie nourrit aujourd’hui une relance du nucléaire civil sur le continent : une vingtaine de pays, de l’Égypte au Rwanda en passant par le Ghana, le Kenya, le Maroc ou l’Ouganda, ont engagé des programmes à des stades de maturité très inégaux, dans un contexte de concurrence accrue entre Rosatom, la China National Nuclear Corporation et un Occident en repli relatif.

  • Le présent article défend une thèse simple : la souveraineté nucléaire ne se joue pas d’abord sur la commande des réacteurs, mais sur la maîtrise du cycle du combustible, la formation d’un capital humain spécialisé, l’indépendance de la régulation et l’autonomie du financement. Ce sont ces quatre conditions, rarement réunies dans les configurations actuelles, que les pages qui suivent examinent.

Publication
LBA l L’énergie nucléraire en Afrique – Fondation Jean Jaurès – Juin 2026

 

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